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2 – De mon enfance à mon émancipation

Le temps a suivi sa course et en 1271, à mon étonnement, le dernier Comte de Toulouse et son épouse, Jeanne, sont morts tous les deux sans enfants. Le Comtat Venaissin a été cédé aux Papes en 1274 et un recteur a été nommé pour y administrer tous les pouvoirs des Papes en leur nom.
Malheureusement, les légats du Pape ont rapidement préféré résider à Carpentras, puis à Avignon, une autre propriété papale. Ainsi, en 1320, Carpentras m’a ravie mon statut de capitale à la grande tristesse des pernois et des pernoises…

Mon histoire ne s’arrête pas là ! Grâce au dévouement de mes villageois, j’ai continué de prospérer.
D’ailleurs, sachez qu’à cette époque vivaient en mon sein, comme dans les autres villes du Comtat, une grande communauté juive. Vous avez peut être entendu parler d’eux sous la dénomination « les Juifs du pape ».

 

A la fin du XVème siècle, la menace grandissante des mercenaires qui pillaient la région et de la peste a encouragé les villageois à consolider mes murailles fatiguées et à renforcer les portes Saint-Gilles et Villeneuve de puissantes herses et de ponts-levis.
A ce sujet, savez-vous que pendant les épidémies de peste qui ont sévi à cette époque, un étranger ne disposant pas d’un «Billet de santé», preuve qu’il n’était pas contagieux, n’était pas autorisé à rentrer dans mes murs ?

Au XVIème siècle, lorsque les guerres de religion ont fait rage, ça a été au tour de la Porte Notre-Dame d’être modernisée. Soyez attentif et vous pourrez déceler la date des travaux « 1548 » encore gravée dans la pierre !
Cette rénovation a annoncé une longue campagne de travaux au XVIIème siècle et mon visage en a été bien changé. Une nouvelle porte, des chapelles, une Halle couverte et plusieurs hôtels particuliers ont pris vie. La sûreté qui s’est installée dans le Comtat Venaissin a aussi permis d’abandonner les ponts-levis et de construire des ponts en pierre.

Le XVIIème siècle m’évoque également un enfant du pays, Esprit Fléchier, qui s’est illustré à la cour de Louis XIV et dont vous pouvez toujours contempler la maison natale, reconvertie en musée.

Le siècle suivant est celui pendant lequel les fontaines, qui me rendent si célèbres aujourd’hui, ont vu le jour. Au XVIIIème siècle, elles sont toutes alimentées par la source Saint-Barthélémy découverte en amont de la ville à cette époque. Aujourd’hui l’eau de ville a remplacé l’eau de source.

 

Quatre fontaines principales on été réalisées dans un premier temps : la Fontaine du Cormoran, la Fontaine du Gigot, la Fontaine de l’Hôpital et la Fontaine Reboul.
Puis, progressivement, davantage ont été construites : des fontaines de quartier, de rue, des fontaines privées… Les avez-vous comptées ? Moi je recense 41 fontaines publiques ! Ajoutez-y également une soixantaine de fontaines privées.
Comprenez-vous maintenant pourquoi mon nom a été complété par l’adjonction « les-Fontaines » ? Cela a été décidé par la municipalité en 1936 pour célébrer mes 36 fontaines!

Mais revenons au XVIIIème siècle…
En 1791, au lendemain de la Révolution Française, j’ai été témoin de la réunion des représentants des communautés du Comtat. Ils ont voté à l’unanimité le rattachement du Comtat Venaissin à la France et à sa toute jeune république. Un instant historique !
Deux ans plus tard, en 1793, le département du Vaucluse a été inauguré et parmi ses terres celles du Comtat Venaissin historique sont largement représentées !

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