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4 – Le Hameau des Valayans

Je dois être honnête avec vous, je ne vous ai pas tout révélé ! J’ai omis soigneusement de vous parler du Hameau des Valayans.
Vous qui n’êtes pas comtadins n’avez probablement jamais entendu ce nom. Pourtant, l’histoire de ce hameau situé à plusieurs kilomètres de mon cœur historique est un exemple saisissant de pugnacité humaine ! Ecoutez plutôt…

  

La partie de mon territoire sur laquelle s’est construite au fil des siècles le Hameau des Valayans n’était pas la plus accueillante et ne faisait pas ma fierté... C’était au XVème siècle un immense marécage insalubre. On l’appelait les « Basses Paluds ». Savez-vous ce que cet ancien mot signifie ? Les « Paluds » désignent un marécage, ce n’est pas étonnant ! Personne n’y prêtait réellement attention, jusqu’au jour où une communauté de moines a décidé de s’y installer.

A force de travail et de persévérance, ils ont réussi à assécher ces terres en imaginant un réseau de canaux qui ont drainé les marécages. Ces canaux accueillaient le surplus d’eau et le restituaient selon les besoins, astucieux n’est ce pas ? Les sols se sont révélés être riches et propices à la culture. Mon blason en a été redoré !

Dès le XVIIème siècle, j’ai noté que certains pernois déménageaient pour aller vivre sur ces terres nouvellement appréciées. Une des premières familles à s’y installer s’appelait « Valayan ». Naturellement, elle a donné son nom à ce lieu-dit.
Ces familles ont construit des maisons en pisé avec cette terre argileuse abondante qui durcit au soleil.

Le Hameau des Valayans s’est développé réellement au XVIIIème siècle. Le riz était tout d’abord cultivé, puis le tabac, le safran, les plantes aromatiques, les produits maraichers et la garance. C’est principalement cette dernière qui a fait la prospérité des valayanais et valayanaises. Toute une économie, de la culture de la plante de la garance à l’exportation de la poudre aux propriétés tinctoriales, s’est développée.   

Peu à peu mes habitants, avec résolution, ont construits des bâtiments nécessaires à leur épanouissement. Tout d’abord une église, dédiée à la Vierge, a été édifiée. Elle a été décorée de fresques chatoyantes me rappelant avec nostalgie celles du Moyen-âge. Puis une école a commencé à accueillir les petits valayanais en 1895. Enfin, au crépuscule du XIXème, une mairie annexe a été construite pour parfaire le charme de ce hameau.

  

Comme ailleurs, dès 1860, le procédé industriel de teinture synthétique a commencé à enrouer toute l’activité basée sur la garance. Les valayanais, persévérants, se sont tournés vers d’autres métiers et d’autres cultures comme le psyllium, une plante aux vertus curatives. Aujourd’hui le Hameau des Valayans produit des pommes (les goldens à la couleur verte claire), des asperges et des glaïeuls, ces fleurs aux couleurs éclatantes à l’image du courage des valayanais et des valayanaises !

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